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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 11:35

 

INTRODUCTION, PAR  FLORENCE  SSEREO

   

 

 

06 Florence Ssereo

 

 

 

 

 

 

 

Depuis 1991 Florence Ssereo, ougandaise, travaille à l’UNESCO. Depuis 2004, elle se trouve aux Bureaux Multi-Pays de cet organisme (à Addis Abeba, puis à Dar es Salam et aujourd’hui, au siège, à Paris). Elle est Spécialiste du Programme Education.

Par ailleurs, elle a milité dans la JEC, au niveau de son pays (de 1972 – 1985), de la Coordination JEC panafricaine (Nairobi, 1985 – 1986) et de la JEC Internationale (Paris, 1987 - 1991).

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Florence, tu ne restes pas insensible face à cette initiative : Soutien aux sociétés civiles émergentes en Afrique?

Effectivement, la société civile, en bien des endroits, est encore absente ou endormie, et plus vite elle se réveillera, mieux cela vaudra. Les soutiens sont donc bienvenus et nécessaires.

 

Toi qui voyage beaucoup et depuis longtemps, à travers l'Afrique, peux tu nous dire ce que tu entends par « société civile » ?

Tout d'abord, il faut constater que la société civile a toujours existé en Afrique. Des personnes ou des groupes de personnes : des associations, des ONG, des syndicats existent depuis longtemps. Ces organisations travaillent en dehors des pouvoirs politiques constitués. On parle alors de société civile. En Afrique, elle s’est opposée aux autorités coloniales, aux autorités militaires, aux partis uniques, aux totalitarismes.

 

Et tu es d'accord pour parler aujourd'hui de sociétés civiles «émergentes » ?

Oui, un peu partout, aujourd'hui, nous constatons que la société civile commence à prendre conscience de ses droits, et même, commence à s’organiser pour les revendiquer.  (1)

 

Quels droits?

Le droit à l'éducation, à la santé, aux soins, au logement, à tous les services de base. La société civile voudrait que soient respectés la coexistence, la tolérance, tous les principes démocratiques. Bref, aujourd'hui, les citoyens sont de plus en plus avides de justice sociale.

 

Mais nous n'en sommes qu'au début?

Nous avons devant nous un travail de longue haleine : l'éducation aux valeurs. Cette éducation n’est pas automatique. Pourquoi ne pas traduire dans toutes les principales langues africaines, la déclaration universelle des droits de l'homme, par exemple ?

Dans le cadre de mon travail, et dans le contexte de du système des Nations Unies, il y a un plan d’action pour l’éducation aux droits de l’homme qui a été voté par l’Assemblée Générale des Nations Unies. La mise en œuvre de ce plan d’action se fait au niveau de chaque pays en collaboration avec les ministères de l’Education Nationale et avec la société civile.

Nous avons aussi des campagnes internationales de sensibilisation avec des Journées Mondiales. Le 3 décembre c’est la Journée Mondiale des personnes handicapées, qui ont aussi le droit à la vie participative dans la société ; le 10 décembre, la Journée des Droits de l’homme ; le 8 mars, c’est la Journée Mondiale des femmes : nous luttons pour l’avènement de la parité hommes-femmes. La Semaine d’éducation pour tous, en avril : il s’agit avec cette campagne mondiale de faire valoir que l’éducation est un droit pour tous. Toutes ces journées, semaines, campagnes renforcent la société civile.

 

Et il ne faut pas oublier le soutien financier apporté à certaines initiatives ou à certains projets.

 

 

 

07-DSC03316.JPG

 

 

Un exemple : le Projet Intégré de Réhabilitation

 

Godanaw à Addis Abeba. Mulatu voit la misère de ses concitoyens et avec eux, il leur donne la possibilité de se mettre en marche. Il crée un centre où il héberge et assure une formation à des jeunes femmes (2).  L’UNESCO ne reste pas indifférent : des subventions ont été allouées au Centre.

 

 

 

Terminons cette rapide introduction en relevant un espoir : quand la société civile sera plus forte, les élections sanctionneront les autorités politiques défaillantes et les gouvernements seront au service des gouvernés !

 

 

 08-congo_election_20070806.jpg

 

 

 (1) Florence rejoint Thierry Michel : « Qu’elles soient exploitées par les grandes multinationales cotées en bourse ou par les opérateurs chinois, les creuseurs et les employés des mines risquent de se retrouver au chômage …mais, interviewé à l’occasion de la sortie de son film « Katanga Businnes, Thierry Michel constate : « Il existe néanmoins une revendication sociale. Au Katanga, il y a une véritable société civile, qui se met en grève, qui se révolte, qui interpelle le pouvoir politique » Jeune Afrique n°2510 -15 au 21 févier 2009

 

  (2) Voir vidéo du centre et interview du responsable :

 Dailymotion : Lève toi et marche ! 

 

 

 

 

 

 

 

 

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  • : Soutien aux sociétés civiles émergentes en Afrique : des exemples de sociétés civiles émergentes, et des exemples de soutiens possibles.
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Octobre 2009,


Les associations de la Coalition Publiez Ce Que Vous Payez – France, se retrouvent à Paris, au Secours Catholique, rue du Bac, avec Marou Amadou et Ali Idrissa, tous deux membres de la coalition PCQVP – Niger.

Marou a été arrêté et incarcéré le 10 août pour les positions qu'il avait prises en tant que Président du Fusad sur le coup d'état constitutionnel. Il a été mis en liberté provisoire après cinq semaines d'incarcération et vient quelques jours en France et en Belgique. C'est l'opportunité pour nous de rencontrer ces deux militants.


Je suis allé à cette rencontre avec camescope et appareil photo. Mais en les entendant et en comprenant ce qui se passe au Niger, je me dis : « Vaut mieux ne pas sortir mes appareils. Mettre Marou et Ali sur internet, c’est les exposer un peu plus ».

Je leur pose tout de même la question :

- « Il vaut mieux éviter les photos et les interviews sur internet ? ».

Mais, surprise :

« Non, au contraire. Vous pouvez filmer, faire connaitre notre combat. Nous voulons vivre. Nous n’avons pas peur. Nous voulons une meilleure répartition des richesses, nous voulons un peu plus de démocratie. Pourquoi avoir peur ? Nous ne pouvons pas vivre dans la peur. Soutenez nous. »


Gérard Warenghem

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